Itinéraire de consultant : de la virtualisation au Cloud hybride

A l’heure où la frontière entre Cloud hybride et Cloud public semble de plus en plus fine, il nous semble intéressant de faire le focus sur les profils qui opèrent cette transition au quotidien. Quels sont aujourd’hui les enjeux de compétences pour les experts de la virtualisation ?  A travers le parcours de Valentin, nous vous présentons un exemple concret de profil entre virtualisation, Cloud hybride et automatisation.

Après un BTS en Informatique de gestion, option développement applicatif, Valentin s’est orienté vers une Licence Pro, toujours dans le développement applicatif. Il a ensuite intégré SupInfo en admission parallèle, où il a découvert la virtualisation. Séduit par ce concept, Valentin décide alors de développer ses compétences sur la partie système : il participe à différents POC XenServer, étudie la virtualisation de stockage, et commence à écrire des articles de blog sur ses recherches.

 

Pourquoi avoir choisi de te spécialiser dans la virtualisation ?

A l’époque, en 2008, l’idée d’avoir de nombreux serveurs virtuels sur un seul serveur physique m’a paru révolutionnaire. Les possibilités apportées par la virtualisation me semblaient illimitées, et j’y ai vu un métier d’avenir dans lequel s’investir.

Quelle a été ta première expérience sur le sujet ?

Durant mon stage de fin d’études, j’ai travaillé sur HyperV de Microsoft. J’étais plus à l’aise avec l’environnement VMware, mais cela m’a permis de découvrir toute la partie de mise en place d’infrastructure et de migration. J’ai particulièrement apprécié le design d’infrastructure, cela permet de se rendre compte des contraintes qui entrent en jeu (quel serveur rendre visible, combien d’IO supporter, etc.)… C’est ainsi que j’ai découvert le métier d’architecte, que je ne connaissais pas jusque là.

Comment as-tu ensuite acquis de l’expérience sur VMware ?

Je travaillais chez Alstom dans la partie Grid, qui propose des solutions logicielles de gestion des réseaux électriques. Les applications étant hébergées sur des serveurs physiques, il était donc très long de déployer de nouveaux serveurs. La maintenance, le patching, les mises à jour étaient problématiques, la DSI a donc entrepris de virtualiser les serveurs et de packager les applications sous forme de machines virtuelles Windows et Linux. L’objectif était de pouvoir ensuite les déployer à la volée pour les nouveaux clients, et de pouvoir générer une configuration type en fonction des paramètres spécifiques. Cela permet de déterminer les tailles de VM à instancier, et d’installer et configurer ensuite l’application pour un réseau électrique. Durant cette mission, je suis intervenu sur le scripting, l’automatisation, et toute la partie VMware. J’ai ensuite quitté cette mission car je souhaitais vraiment approfondir les technologies VMware et leur écosystème très riche. J’ai alors démarré une mission à la Banque de France, qui menait un POC Cloud et automatisation sur VRA/VRO. L’objectif était de proposer à l’issue du POC une plateforme de Cloud privé. J’ai participé à l’installation, la mise en place de VRA, au design d’une infrastructure dédiée, et à l’automatisation de la mise à disposition de VM et le déploiement via le portail de service. C’était peu de temps après le rachat de Dynamic Ops, au moment où VMware démarrait son offre de portail Cloud self service.

Qu’est-ce qui t’a poussé à faire de la veille ?

Je trouvais que je n’allais pas assez loin dans ce que je faisais au quotidien, donc je prenais sur mon temps personnel pour faire de la veille, faire des tests et écrire des articles. Cela m’a permis d’expérimenter différentes solutions, VMware ou autres, et de rédiger des tutoriels sur le sujet. Cet investissement m’a permis d’obtenir le titre de VExpert, qui est une reconnaissance honorifique de VMware pour la contribution à la communauté. J’ai également eu l’occasion d’approfondir mes connaissances de l’univers VMware en passant 3 mois au PSO chez VMware. C’était une expérience assez intense, durant laquelle je suis intervenu chez de nombreux clients sur VRA/VRO, l’automatisation et le Cloud. Pour chaque client, il faut s’adapter à un nouveau contexte, à des besoins et des exigences spécifiques…ce fut une expérience très formatrice, durant laquelle j’ai rencontré beaucoup de problématiques différentes.

Quelle est ta mission aujourd’hui chez D2SI ?

J’ai rejoint une équipe spécialisée dans le Cloud et VMware. Notre travail au quotidien consiste à améliorer et développer de nouveaux services sur le portail Cloud. J’interviens sur des sujets d’Infrastructure as a Service : socle des VMs, OS avec des agents de supervision, services de loadbalancing, virtualisation du réseau… Il y a certes du challenge technique dans l’automatisation du portail, mais je aussi très intéressé par le défi que représente l’amélioration des KPI du Cloud interne. Chaque mois nous comptabilisons le nombre d’échecs et de succès, et l’objectif est de faire en sorte qu’il y ait de moins en moins d’échecs. Un groupe de travail avec VMware a d’ailleurs été mis en place pour travailler sur l’optimisation du code, l’amélioration de la gestion d’erreurs, la dette technique… et petit à petit cette initiative porte ses fruits, c’est gratifiant.

Comment vois-tu l’évolution du marché de la virtualisation ?

Je pense que l’annonce du partenariat entre VMware et AWS va beaucoup faire bouger le marché. Cela confirme la maturité du marché du Cloud privé, et maintenant le marché à saisir est celui du Cloud hybride. VMware sur AWS va permettre aux entreprises d’héberger une partie de leur workload sur le Cloud public et diminuer leurs coûts d’infrastructure liés au Cloud privé. On peut même imaginer la possibilité de faire du PRA ou disaster recovery dans le Cloud public. Reste à voir comment VMware va tirer parti de cette situation sur le long terme : est-ce que VMware va se focaliser sur des solutions software defined? Que se passera-t-il pour VMware quand toutes les grandes entreprises auront mis le pied dans le Cloud public ?

Pour terminer, quel conseil donnerais-tu à des étudiants s’intéressant à la virtualisation ?

Je pense qu’il ne faut pas se focaliser sur la partie core infrastructure de la virtualisation. Il y a de moins en moins de demandes sur la partie core, et de plus en plus sur les parties annexes comme la virtualisation du stockage (VSan), la virtualisation de réseau (NSX), ou l’automatisation (VRA VRO). S’il est très difficile de maîtriser ces trois domaines, se concentrer sur le core n’est plus suffisant : aujourd’hui il faut être compétent sur le core et sur l’un des trois domaines cités, en fonction de son background, stockage, réseau ou développement.

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