TIAD 2016 : Interview d’Olivier Crouzet – 42

Automatisation et désautomatisation : TIAD, l’événément de référence de l’automatisation en France aura lieu le 4 Octobre 2016 à Paris. Rassemblant dev et ops, freelances et étudiants, grandes sociétés et start-up, TIAD propose un véritable voyage au coeur de l’automatisation, animé par des speakers émérites. Parmi ces speakers, nous avons choisi de vous présenter aujourd’hui Olivier Crouzet, doyen d’études à l’école 42.

d2si_blog_image_tiad_oliviercrouzetDiplômé en informatique, Olivier Crouzet devient en 2000 directeur des études à EPITECH aux côtés de Nicolas Sadirac, où il conçoit et fait évoluer le modèle pédagogique. Fort de ce succès, il participe à la création en 2013 d’une nouvelle école d’informatique, 42, avec Nicolas Sadirac, Kwame Yamgnane et Florian Bucher. 42 propose une méthode pédagogique inédite, sans professeurs, et basée sur un apprentissage en « peer learning », basé à 100% sur les projets. Fondée et financée par Xavier Niel (Free), 42 propose une scolarité gratuite à ses étudiants.

Pourquoi avez-vous choisi de participer au TIAD ?

Un des objectifs premiers de 42 est l’intégration professionnelle de nos étudiants. Il est naturel pour nous de nous présenter auprès des entreprises du secteur, d’expliquer ce que l’on fait, comment on le fait, quelles sont les façons de fonctionner de nos étudiants, ce que l’on peut en attendre. Pour certains participants, selon leur culture, leurs habitudes en matière d’informatique et de SI, il peut parfois être déroutant de se confronter à ces jeunes.

Nous souhaitons nous inscrire dans cette tendance générale que représente le numérique aujourd’hui : non plus une automatisation des processus métiers existants au préalable, mais une nouvelle façon de penser son business, de nouveaux modèles d’interaction, de nouveaux marchés potentiels. C’est désormais le numérique qui recrée complètement les métiers. Le sujet de la « désautomatisation » choisi pour le TIAD représente exactement cela. Les outils numériques gagnant en maturité et efficacité, c’est désormais un nouveau rôle qui se dessine pour les professionnels du secteur : moins de temps pour automatiser les choses, davantage de temps sur de l’intelligence numérique, interagissant avec tous les services de l’entreprise et participant pleinement à sa stratégie. La désautomatisation marque pour l’entreprise une nouvelle étape de son évolution indispensable, au risque de stagner et rapidement disparaître.

Quel sera le sujet de votre intervention lors du TIAD ?
Le sujet de mon intervention portera sur la présentation de l’école et de sa pédagogie. Je mettrai justement en avant les nouvelles compétences qui nous sont demandées par les entreprises (autonomie, capacité à s’adapter et a résoudre des problèmes nouveaux, collaboration, créativité et innovation), et de quelle façon nous amenons nos étudiants à les développer.

Quels sont selon vous les apports de l’automatisation ?

Je vois l’automatisation comme une première phase de l’informatique qui a permit un premier pas des entreprises vers le numérique. Elle a été prépondérante à ce moment là. De grosses infrastructures se montent et se pilotent désormais plus facilement grâce à de nombreux outils éprouvés, l’automatisation va prendre moins de place. Mais elle ne va pas disparaitre pour autant : l’évolution toujours rapide du matériel, des technologies, fera selon moi surgir régulièrement des possibilités de raccourcis, d’optimisation (coût, temps) dans les processus métiers. Il faudra, pour garder son business et rester compétitif, passer par l’automatisation.

Qu’est-ce qui a changé dans l’apprentissage de l’IT ?

Je pense que toutes les écoles et formations sur l’IT ont bien compris la problématique d’obsolescence quasi immédiate du savoir dans notre domaine. Les formations évoluent, certaines plus rapidement que d’autres, selon leurs contraintes pédagogiques ou administratives. Quelles seront les technos dans 5 ans ? dans 10 ans ? Que mettre dans un cursus de 3 ou 5 ans, pour assurer une carrière aux jeunes qui en sortent, alors que l’on ne connait justement pas ce dont ils auront besoin ? La seule issue qui nous est apparue est de permettre à ces jeunes de pouvoir s’adapter toute leur vie à ce qu’il vont rencontrer, ou même mieux d’avoir la capacité d’être pionnier et de créer les futures tendances. Comme le disait un économiste américain, « la meilleure façon de prédire l’avenir c’est de le créer« , et non de le subir. C’est une approche qui permet également de développer la créativité, source d’innovation prisée par les entreprises. Aujourd’hui, les contextes et les contraintes des entreprises sont très variés, la « bonne » solution chez l’un n’est pas la même que chez l’autre. Un apprentissage trop dogmatique qui pour tel problème informatique donnerait « la » solution n’est plus adapté au marché. De même qu’un apprentissage qui vise l’acquisition de technos précises qui rendront les gens obsolètes en même temps que ces technos.

Quel rôle joue l’apprentissage continu ?

Aujourd’hui, on est sur une phase transitoire. Selon moi la formation continue doit permettre à des personnes formées il y a longtemps, quand l’informatique jouait un autre rôle dans l’entreprise, de comprendre et s’adapter aux nouvelles tendances, aux nouvelles façon de faire, et développer cette agilité intellectuelle pour suivre perpétuellement les innovations successives en étant à l’aise. Pour les personnes formées dans la nouvelle mouvance, autonomes, capables de s’adapter, je crois beaucoup aux MOOC, tutoriels, ressources en lignes, qui vont permettre à chacun, le moment opportun, de s’auto-former tout au long de la vie.

Learning, IoT, Automatisation, Big Data, Cloud, DevOps, Désautomatisation… tous ces sujets seront abordés lors du TIAD 2016. Rejoignez-nous !

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