TIAD 2016 : Interview de Nicolas Lesconnec, SIGFOX

Automatisation et désautomatisation : TIAD, l’événément de référence de l’automatisation en France aura lieu le 4 Octobre 2016 à Paris. Rassemblant dev et ops, freelances et étudiants, grandes sociétés et start-up, TIAD propose un véritable voyage au coeur de l’automatisation, animé par des speakers émérites. Parmi ces speakers, nous avons choisi de vous présenter aujourd’hui Nicolas Lesconnec, Développeur pour SIGFOX.

D2SI_Blog_Image_TIAD_Nicolas_Lesconnec_IoT_SIGFOXPassionné par l’innovation et les nouveaux horizons ouverts par l’IoT, Nicolas a rejoint SIGFOX début 2015. Développeur et maker evangelist, Nicolas souhaite partager ses connaissances des technologies SIGFOX et des opportunités qu’elles offrent. Avant de rejoindre SIGFOX, Nicolas a passé 4 années en tant que lead dev dans une startup spécialisée dans les solutions connectées, et près de 10 ans dans le développement Web et mobile pour le site L’équipe.

 

Pourquoi avez-vous choisi de participer au TIAD ?

L’IoT, ce n’est pas seulement de la prospective, c’est une réalité quotidienne, mais c’est aussi un buzzword qu’il faut savoir dépasser, en montrant concrètement ce que représente l’IoT aujourd’hui. Dans les années à venir, l’IoT va toucher l’ensemble des métiers et des activités, et révolutionner beaucoup de choses. L’IoT rejoint les problématiques d’automatisation, qui est le thème central du TIAD, c’est donc pour moi une bonne occasion de partager la vision qui est la nôtre de l’IoT

Si l’IoT est déjà une réalité, à quelles évolutions peut-on s’attendre dans les années à venir ?

Clairement, nous n’en sommes qu’aux débuts de l’ère de l’IoT. En termes de volume d’objets connectés, nous sommes loin de ce à quoi on peut s’attendre d’ici 2020-2025. Les objets connectés se comptent aujourd’hui en millions, demain ce seront des milliards. Et il ne faut pas voir l’objet connecté uniquement sous l’angle du gadget, mais comme un objet capable de remonter de nombreuses informations, qui peuvent ensuite être exploitées.

Quel sera le sujet de votre intervention lors du TIAD ?

Je souhaite présenter un cas concret d’IoT comme la maintenance prédictive, qui est liée au sujet de l’automatisation. Être capable de monitorer les comportements de cycles de production ou d’outils industriels nous permet d’anticiper des pannes à venir ou des comportements anormaux, et d’intervenir à l’avance. On n’attend plus d’être face au problème pour le corriger. C’est un exemple concret de mis en oeuvre de l’IoT. Nous avons également des cas à la localisation et au suivi, et ici l’IoT aide à améliorer le supply chain et les cycles de production et de livraison.

Quelle est la maturité du marché français de l’IoT ?

Auparavant appelé “M2M” (machine to machine), le marché français de l’IoT est encore très jeune, mais nous avons déjà de nombreux cas d’usage, comme la télérelève des compteurs de de gaz ou d’eau. Ce ne sont pas forcément des sujets qui font rêver, mais ce sont de vrais cas d’usage avec de réels bénéfices. Je ne peux pas parler du marché français dans sa globalité, mais chez SIGFOX nous avons 7 millions de lignes ouvertes sur notre réseau (sur l’ensemble des pays). Ces volumes sont supérieurs à ce qu’ils étaient il y a un an, mais bien moindres que ce que l’on peut attendre d’ici l’année prochaine. Nous sommes encore dans une phase d’adoption de ces technologies.

À quelle croissance peut-on s’attendre ?

Les projections et analyses sont nombreuses, c’est un peu la course à celui qui annoncera le plus de milliards d’objets connectés, cependant la réalité est que les cycles de production sont relativement lents. Entre le démarrage d’un projet et sa concrétisation, on passe par des cycles de décision, de design, de production puis d’installation… qui peuvent durer plusieurs mois. On est ici dans le monde physique, il ne s’agit pas seulement de déployer une application. D’un mois sur l’autre, la croissance du marché n’est donc pas exponentielle.

Quels sont les liens entre IoT et automatisation ?

L’automatisation ne peut se faire seule, par “magie” ou par une vue de l’esprit. Pour automatiser les choses de manière efficace, nous avons besoin de beaucoup de données. Aujourd’hui la problématique est donc de disposer de suffisamment de données fiables sur les comportements d’une machine ou d’un outil, ou sur les conditions de vie environnementale, pour ensuite optimiser puis automatiser. Les capteurs nous permettent de capter ces données, pour ensuite alimenter un modèle d’automatisation. Par exemple, dans le cas de la relève des ordures ménagères : suivre le taux de remplissage des bennes publiques permet d’optimiser le cycle des ramassages en fonction du niveau de remplissage. Un ramassage peut ainsi être déprogrammé s’il n’a pas lieu d’être, ou au contraire on peut programmer des passages supplémentaires en anticipant les pics de remplissage. Plus on a de données, plus on peut faire de modèles mathématiques, et programmer les tournées de ramassage. Mieux mesurer l’environnement et le comportement, de la façon la plus granulaire possible, c’est le nerf de la guerre de l’IoT.

Quels sont les prochains challenges à relever ?

La longueur des cycles impose de développer des solutions pérennes. Nous ne sommes pas dans le domaine du gadget avec un durée de vie de 2 ans : nous devons concevoir des dispositifs pouvant durer 5, 7, 10 ans…voire plus. Ces dispositifs doivent être fiables, stables, sécurisés et leur comportement doit être prévisible à l’avance, afin d’optimiser la maintenance des composants. Il y aussi la problématique de la confidentialité des données : plus on remonte de données, plus la responsabilité est grande. Enfin il y a la question de l’efficacité énergétique : tous les choix sous-jacents au design du device chez SIGFOX sont centrés autour de ce sujet. L’énergie étant une ressource qui est limitée, nous essayons de concevoir des objets qui consomment le moins moins possible, et qui puissent durer longtemps tout en étant conçus avec des composants de base, dont les coût de production et de maintenance soient les plus bas possibles.

 

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