TIAD 2016 : Interview de Laine Campbell

Automatisation et désautomatisation : TIAD, l’événément de référence de l’automatisation en France aura lieu le 4 Octobre 2016 à Paris. Rassemblant dev et ops, freelances et étudiants, grandes sociétés et start-up, TIAD propose un véritable voyage au coeur de l’automatisation, animé par des speakers émérites. Parmi ces speakers, nous avons choisi de vous présenter aujourd’hui Laine Campbell, Ingénieur base de données et devops convaincue.

D2SI_Blog_Image_LaineCampbellLaine Campbell est spécialiste de l’architecture de bases de données et des opérations, pour de échelles de données petites à moyennes. Actuellement, elle est occupée à l’écriture du livre Database Reliability Engineering avec Charity Majors, qui sera publié chez O’Reilly. Avant cela, Laine était CTO chez OrderWithMe. Elle a également fondé et dirigé PalominoDB, puis Blackbird durant 8 ans, durant lesquels son équipes de DBA a construit de nombreuses infrastructures de bases de données, parmi les plus stimulantes du marché. Elle a également conçu, construit et maintenu les bases de données de Travelocity durant 8 ans. Laine a également supporté des organisations comme Obama for America, Zappos, Chegg, LiveJournal, Disney Mobile et Adobe. Amoureuse de l’Open Source et Ops convaincue, Laine Campbell est une fervente avocate des populations mal desservies par les technologies de l’information.

 

 

Pourquoi avez-vous choisi de participer au TIAD ?

J’ai choisi de participer au TIAD parce que je suis une Ops convaincue qui n’a pas peur d’exprimer ses opinions. Ingénieur et architecte base de données depuis 1999, j’ai toujours été fasciné par les opérations en tant que processus, culture mais aussi comme avantage compétitif. Aujourd’hui, dans un contexte de virtualisation, de cloud et de service, nous avons plus que jamais besoin des Ops, mais certains semblent penser le contraire. Je souhaite pouvoir ajouter ma voix à celles qui contribuent à redéfinir les ops pour ce nouveau monde de l’infrastructure.

Quel sera le sujet de votre intervention lors du TIAD ?

J’interviendrai sur le sujet de l’enseignement des Ops en tant que profession, et d’un point de vue pratique. Dans les universités ou les écoles, il n’existe pas de cursus ops, ni même de formation professionnelle. Mon espoir est de codifier, de structurer le chemin qui permet de devenir un Ops senior, et de construire les outils, théoriques et pratiques pour faciliter cette évolution.

Quels sont les apports de l’automatisation ? 

L’automatisation est nécessaire. Les opérations ont toujours demandé beaucoup d’efforts, beaucoup de travail, et les bonnes équipes ops ont toujours trouvé un moyen de réduire cet effort, grâce à l’automatisation. Aujourd’hui, ce phénomène se produit à plus grande échelle : on peut lancer une société en partant de rien, très rapidement et à moindre coût. En automatisant un certain nombre de tâches, les spécialistes des bases de données et les ingénieurs système peuvent se consacrer à des activités à plus forte valeur ajoutée. Et grâce à l’automatisation, les développeurs peuvent s’impliquer davantage dans l’infrastructure et l’architecture, ce qui les aider à mieux appréhender leur code. L’automatisation a permis l’émergence du devops, et l’évolution du rôle de l’administrateur vers celui d’ingénieur.

Quelle est l’évolution du DevOps ? Est-ce que le rôle des Ops va se réduire avec l’automatisation ?

Pour moi, le DevOps est un cadre culturel qui permet aux Ops d’occuper une place de premier ordre dans le business. Il est prouvé que les équipes multi-fonctions produisent plus de valeur ajoutée et sont plus performantes, mais le succès de la convergence de toutes ces expertises demande un radical changement culturel. Le DevOps élève les Ops dans la chaîne de la valeur ajoutée, et leur permet de faire de grandes choses, parce que leur charge s’est allégée.

Ceci étant dit, déjà dans les années 90 on parlait de “No Ops”. C’est un buzz word très réducteur, qui encourage les raccourcis. Bien sûr, nous aurons toujours besoin des opérations. Les opérations,ce n’est pas simplement gérer des serveurs et de l’infrastructure, c’est être capable de traduire les besoins métiers dans le système. C’est la promesse d’assurer la disponibilité de l’infrastructure, sa performance et son coût, autant de points critiques du système. Les Ops, c’est aussi la gestion du risque, les plans de reprise sur activité ou l’aide à la prise de décision dans l’entreprise grâce aux métriques et au monitoring. Donc non, les Ops ne risquent pas de disparaître.

Quels sont les prochains challenges à relever dans l’IT ?

Je pense que les plus grands défis à relever sont d’ordre culturel et social. Il y a encore un long chemin à faire pour rapprocher les gens et la technologie. Peter Thiel évoque ce sujet à propos de Palantir : la valeur ne vient pas de l’élimination de l’humain dans le process, mais du fait de leur fournir la donnée la plus riche de sens, de façon à ce qu’ils prennent la meilleure décision possible. Il y a une raison pour laquelle tant de startups choisissent se focaliser sur la visibilité des opérations et l’analyse statistique des systèmes distribués. La loi de Moore fait que la complexité et la portée des systèmes s’accroît, mais nous ne prenons pas le temps de former des individus et des équipes efficaces, capables de gérer et tirer le meilleur parti des systèmes dont nous disposons. L’IT ne doit plus être un choix de carrière accidentel, et ses acteurs des hommes de l’ombre : nous devons en faire des citoyens de première classe dans le monde économique.

Agilité, Automatisation, Big Data, Cloud, DevOps, Désautomatisation… tous ces sujets seront abordés lors du TIAD 2016. Rejoignez-nous !

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