Itinéraire de consultant : Automatisation et DevOps

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Essentiel à la transformation digitale, indissociable de l’automatisation, le DevOps permet entre autres de réduire le cycle de mise à disposition des applications. Si le DevOps se traduit par de nouveaux outils, il suppose aussi une évolution de la DSI et l’acquisition de nouvelles compétences pour les informaticiens. A travers le parcours de Christophe, nous vous présentons un exemple concret d’un profil entre Automatisation et DevOps.

D2SI_Blog_Image_ChristopheDiplômé de l’UTC Compiègne en Systèmes & Réseaux, Christophe a rejoint D2SI dans le cadre de son stage de fin d’études. A l’issue de son stage, Christophe a rejoint D2SI en tant qu’ingénieur Automatisation.

Quel était le contexte de ton stage de fin d’études chez D2SI ?

Il s’agissait de travailler sur la partie systèmes et réseaux et de mettre en pratique mes acquis théoriques. J’ai ainsi pu participer au projet Legends of Code, durant lequel j’ai travaillé sur des sujets assez variés. Par exemple, le développement d’une API en C++ pour le logiciel de jeu, ou la partie réseau le protocole Protobuff pour la communication avec le serveur. Après ce projet, j’ai également pu expérimenter la mise en place d’infrastructure sur AWS : ça m’a permis de valider tout ce que j’avais appris en cours, mais avec une technologie moderne.

Comment s’est passé cette expérimentation sur AWS ?

J’ai découvert concrètement le Cloud à cette occasion. En dehors des cours sur la virtualisation, je n’avais pas d’expérience sur le sujet. J’ai été surpris par la facilité d’usage…j’avais déjà fait de l’infrastructure sur des systèmes legacy, où il faut tout faire manuellement. Sur le Cloud public, on arrive au même résultat avec quelques clics et des API.

À l’occasion de ce stage, qu’as-tu appris d’autre ?

J’ai découvert ce qu’était le DevOps, et son intérêt. Automatiser et faciliter le travail opérationnel des développeurs est nécessaire : le développeur a besoin d’une stack sur laquelle s’appuyer, et cette stack est compliquée à mettre en place. Avec une approche DevOps, et un outil comme Docker on peut déployer une stack entière en une commande, et commencer à travailler. Le DevOps permet aussi de répondre aux problématiques d’intégration continue.

Quelles sont selon toi les qualités d’un bon DevOps ?

Il faut être curieux, motivé et être prêt à expérimenter en permanence. Durant la fin de mon stage, où je faisais du développement en PHP pour Adopte un badge, je me suis par exemple amusé à faire une réplication du site de production avec Docker, de façon à ce qu’on puisse disposer d’un environnement sur lequel travailler, en une seule commande.

Après ton stage, quelle a été ta première mission ?

J’ai rejoint une équipe spécialisée dans l’automatisation, pour travailler sur le développement et l’évolution d’un orchestrateur en Python. Cet orchestrateur devait être interfacé avec toutes les stacks disponibles chez le client. Cela m’a permis d’expérimenter de nouveaux types d’écriture de composants, de services, et de réfléchir à comment automatiser le tout pour rester évolutif et facilement interopérable. L’orchestrateur est en charge de récupérer des services (des fichiers de description de l’infrastructure, des software, hardware…), de lire ces fichiers et de définir un plan d’orchestration, soit l’ensemble des taches à accomplir pour parvenir à un résultat final. Ces taches doivent être faites le plus rapidement possible, car il y a de nombreuses dépendances. L’orchestrateur pilote ensuite tous les composants d’infrastructure, et à la fin délivre le produit.

Tu as ensuite travaillé sur un autre projet ?

Après la mise en production, qui s’est bien déroulée, je suis passé sur un autre produit interne, un équivalent de Git pour une base de données Oracle de plusieurs Teras. J’étais responsable de l’automatisation du projet, et suite au départ de plusieurs DBA, je me suis trouvé seul pour le piloter, définir la roadmap du projet, etc. Avec seulement un an de métier, c’est beaucoup de responsabilités, mais c’est également très gratifiant. Cela correspond à ce que j’aime dans mon métier : découvrir un produit, essayer de le pousser dans ses limites, proposer des améliorations, définir l’architecture et comment la mettre en place…

Quelles technologies as-tu pu expérimenter ?

J’ai commencé par le Cloud (AWS), puis j’ai essayé toute une panoplie de services couvrant tous les besoins d’un informaticien : Docker, des outils de configuration management (Chef et Puppet), Ansible, Salt… Actuellement je m’intéresse au développement d’applications à base de Blockchain.

Comment vois-tu l’évolution de ton métier ?

Je pense continuer encore un peu dans le DevOps, mais j’aimerais évoluer vers d’autres technologies. J’aime toucher à tout, et parmi les sujets qui m’intéressent actuellement, il y a le Big Data. La mise en place d’une plateforme Big Data demandant beaucoup d’automatisation, je pense que le DevOps sera très utile sur ce sujet. Ce qui m’intéresse dans le Big Data, ce sont les algorithmes parallèles, c’est une autre façon de penser… Je me passionne aussi pour les réseaux décentralisés et autonomes, comme le Blockchain ou la DHT (Distriubution Hash Table). Ce sont de magnifiques algorithmes.

Est-ce que tu penses que le blockchain va révolutionner l’économie ?

Oui, je pense que c’est une évolution majeure et inévitable. Cela risque d’être difficile pour certains acteurs du marché qui vont voir leur monopole cassé. Prenons par exemple Blablacar, qui est leader du covoiturage. Leurs services sont de plus en plus payants et codifiés, et la satisfaction des utilisateurs s’en ressent. Demain, avec le Blockchain, il serait possible de mettre en place une application, un réseau que personne ne pourrait s’approprier. Cette application serait conçue par les utilisateurs et pour les utilisateurs. C’est un bon exemple de ce que l’intelligence collective peut donner de mieux.

Et comment vois-tu l’avenir de l’automatisation ?

C’est un sujet incontournable dans l’IT, mais je m’interroge sur l’avenir de certains métiers comme administrateur système, gestionnaire de fermes de serveurs…plus on automatise, plus il sera rentable de centraliser la ressource. C’est une tendance qui va aller en grandissant. Certains métiers risquent de devenir des niches hyper spécialisées. Cependant, il ne faudrait pas que l’automatisation se fasse au détriment d’un Internet libre et ouvert, sous l’influence de quelques gros acteurs du marché (GAFAM, pour Google, Amazon, Facebook, Microsoft). Mais par ailleurs, le travail des développeurs sera de plus en plus facilité, et c’est une bonne chose.

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