Internet des objets : demain, 80 milliards d’objets connectés

Internet des objets

Internet of Things

Si les chiffres peuvent varier selon les sources, toutes les études prévoient une explosion du nombre d’objets connectés dans les années à venir. De moins 5 milliards d’objets en 2010, nous pourrions passer à 80 milliards d’objets d’ici 2020. Qu’est-ce qui explique une telle explosion ? C’est à la fois une convergence de technologies, du smartphone au cloud et au big data, et une convergence des usages, qu’ils soient personnels, professionnels ou publics.

De l’informatique embarquée à l’internet des objets

On parle aujourd’hui d’objets connectés, mais cela fait déjà longtemps que les objets et appareils intègrent de l’informatique embarquée. La différence essentielle étant qu’avant, ces objets ne communiquaient pas. Le monde traditionnel de l’informatique embarquée était assez contraint : contraintes de coûts, d’espace, de puissance de calcul, d’autonomie, de fiabilité…et de sécurité. Certains de ces objets étaient interconnectés entre eux et communiquaient, mais ils n’avaient pas d’ouverture sur Internet. Et de l’autre côté, sur Internet, se trouve toute l’infrastructure nécessaire à la communication, et des outils pour exploiter des données. Comme nous l’explique Julien Simon, évangéliste AWS, avec IoT nous assistons à une convergence de ces technologies, l’informatique embarquée et Internet :

Ce que je trouve passionnant dans l’internet des objets, c’est la rencontre de ces deux mondes. Aujourd’hui on peut faire tourner un serveur Web sur un Arduino, mais là n’est pas le sujet. Que fait l’objet connecté ? Quelles informations remonte-t-il, comment et à qui? Voilà les questions qu’il faut se poser.

Julien Simon lors du AWS Summit 2014

Julien Simon lors du AWS Summit 2014

La plateforme AWS IOT

AWS a récemment lancé une plateforme permettant de connecter les devices IoT aux services AWS. AWS IoT exploite à ce jour deux protocoles de communication que sont HTTPS et MQTT, et permet de communiquer avec les applications des clients AWS. “AWS propose un kit de développement qui fonctionne sur les principaux devices, et qui permet aux développeurs de se lancer et de développer leurs propres applications IoT. Grâce à des protocoles standards comme HTTPS, les devices peuvent communiquer entre eux, communiquer vers d’autres systèmes, ou à l’ensemble du cloud Amazon”, nous explique Julien Simon.

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La plateforme AWS IoT

Il est aujourd’hui possible de concevoir une application de bout en bout, de développer sur le device et d’exploiter les données avec une seule plateforme. Pourtant au départ, les deux univers sont très différents en termes de compétences nécessaires : du côté de l’embarqué, il faut savoir optimiser, gérer la performance ou la faible consommation ; de l’autre côté il s’agit de maîtriser le développement web, les bases de données ou encore le Big Data.

« On peut comparer cette situation avec le développement Web : on avait le front et le back, avec d’un côté du développement en Javascript, HTML et de l’autre du Java ou du C++. Puis les développeurs fullstack sont arrivés, et maintenant les applications peuvent être conçues du front au back par le même développeur. C’est la même chose sur IoT : aujourd’hui il faut être capable de développer sur le device, et de développer des services de plus haut niveau sur le cloud. Il n’est cependant pas nécessaire pour autant d’être un expert de l’infrastructure ou du big data : les technologies opérées d’AWS permettent de bâtir toute son application sur le Cloud facilement. On voit ainsi émerger des startups qui vont proposer à la fois l’objet connecté et l’infrastructure pour exploiter le service. » nous explique Julien Simon.

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Internet des objets : tous les secteurs d’activité sont concernés

L’internet des objets va commencer par révolutionner votre maison, de la gestion de la consommation électrique à l’ouverture des volets, tout sera pilotable et programmable. Des solutions de domotique existent déjà depuis longtemps, mais elles n’étaient pas intégrées sur des applications web, et surtout elles utilisaient des solutions propriétaires, non interopérables. On peut aujourd’hui envisager des plateformes de services beaucoup plus ouvertes. De la santé aux loisirs, tous les secteurs sont concernés : imaginez toutes les applications possibles pour des bracelets connectés ou des drones. Mais l’IoT s’invite également sur des secteurs qui étaient jusque là très fermés, comme l’automobile (BMW, aux Etats-Unis) ou chez des constructeurs de matériel agricole, comme John Deere. L’interconnectivité des équipements permet d’améliorer la productivité et l’efficacité, et aide les fermiers à optimiser leur production.

La ville connectée

D’ici 2050, plus de 75% de la population vivra dans une zone urbaine, formant ainsi le maillage d’une ville connectée, constituée d’appareils mobiles, de capteurs personnels, de capteurs publics…un réseau en permanente expansion, où virtuellement tout est connecté à tout, en temps réel. Ce n’est pas de la science-fiction : de nombreuses expérimentations sont déjà en cours en peu partout dans le monde. A Zaragoza, en Espagne, 180 000 smart cards permettent aux habitants de réaliser des micro-paiements et d’accéder à des services : bus, vélos publics, bibliothèques, musées, parking, réseau wifi, etc. En échange, la ville collecte des données pour mieux comprendre les usages et habitudes de ses habitants : quels services sont utilisés, où, quand et par quel type d’usager ? A Porto, 600 bus et taxis sont équipés de bornes wifi, constituant ainsi le plus grand réseau wifi au monde. De la Corée aux Etats-Unis, nombreux sont les exemples de l’utilisation de l’IoT par les grandes viles.

Demain, la cité connectée ?

Quelles compétences pour l’IoT ?

La bonne nouvelle, c’est que l’IoT n’exige a priori pas de nouvelles compétences : les technologies utilisées ne sont pas nouvelles, il s’agit d’une agrégation de technologies déjà existantes (l’embarqué, le développement web et l’infrastructure). Maintenant que ces trois univers peuvent communiquer plus facilement, c’est une question de polyvalence, d’inter-disciplinarité. La plateforme AWS IoT, par exemple, utilise des technologies existantes (le SDK est disponible pour C, node.js ou Python), et des standards ouverts (MQTT et HTTPS).

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