T’as 30 ans et t’es encore développeur ? Non mais allo quoi !

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Ces trois derniers mois, dans le cadre de ma mission, j’ai été amené à faire passer de nombreux entretiens pour recruter un développeur supplémentaire. J’ai donc rencontré une quinzaine de développeurs, avec des parcours et des expériences variées. À la question “Comment voyez-vous l’évolution de votre carrière dans les prochaines années ?”, la moitié m’a répondu vouloir devenir chef de projet.

Loin de moi l’idée de vouloir dévaloriser le rôle de chef de projet, bien au contraire. Ce métier nécessite d’être à la fois à l’écoute de ses utilisateurs et de ses développeurs, de savoir prendre et tenir des engagements, de gérer des ressources et des hommes. C’est un rôle important et difficile, mais ce n’est pas une évolution du métier de développeur. C’est un autre métier. On peut tout à fait l’envisager dans le cadre d’une reconversion professionnelle, mais selon moi pas comme une évolution.

Là où les pays anglo-saxons ont très vite valorisé le métier de développeur logiciel, en France l’écriture de logiciel a trop longtemps été considérée comme une simple tâche technique. Le plus souvent, tout le mérite d’un projet réussi revenait au chef de ce projet. Les choses changent lentement, mais elles changent tout de même : il y a 10 ans, les développeurs auraient été encore plus nombreux à vouloir évoluer vers un poste de chef de projet. C’est à nous, aujourd’hui, de continuer à faire
évoluer ces mentalités.

En plus de la compréhension du domaine métier de son application, le métier de développeur demande des qualités d’abstraction, de concentration, de conception. Tout ceci s’acquiert avec l’expérience et s’ajoute à la maitrise technique des outils, langages et frameworks. Cette réflexion sur le métier de développeur se retrouve aujourd’hui dans le mouvement Software Craftsmanship. Non seulement il est possible d’être toujours développeur après 30 ans, mais je pense que beaucoup d’applications seraient plus faciles à maintenir et faire évoluer si les équipes comptaient des gens expérimentés pour guider les plus jeunes.

Aujourd’hui, j’ai 33 ans et je suis fier d’être développeur !

Commentaires :

  • Michel Pigassou

    Je suis d’accord. Les anglo saxons l’ont bien compris. D’un côté le product manager s’occupe de gérer les priorités et les deadlines, de l’autre l’équipe technique s’occupe de l’implémentation.

    Éventuellement on a un lead technique, qui fait plus rôle de référent ou un scrum master qui a plus un rôle de chef d’orchestre. Ou encore un manager technique, mais dont le rôle est de gérer plus les gens que le projet. Un manager qui n’aime pas mettre les mains dans le cambouis aura à mon sens du mal à gérer des gens qui aiment ça.

    Mais une personne qui veut arrêter le code ne devrait tout simplement pas se lancer desdans, ou alors elle a été mal orientée. Et malheureusement beaucoup d’écoles d’ingénieurs ont cette vision : développeur c’est nul, chef de projet = chef qui code pas, et c’est forcément mieux…

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