Vite, apprenons à coopérer !

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Coopérer. C’est LE nouveau mot à la mode dans le top management de beaucoup d’entreprises. Le remède à tous les maux de l’entreprise, c’est la co-o-pé-ra-tion. Car l’entreprise est malade. Malade de ses salariés.

Des salariés qui ne pensent qu’à eux, de moins en moins motivés, de moins en moins impliqués, à attendre désespérément les prochaines vacances, à se mettre en arrêt maladie au moindre petit bobo (l’épidémie du moment, c’est le burnout)… Pourtant, l’entreprise a besoin des salariés, en attendant les robots. Surtout en ce moment. C’est la crise. Et pour en sortir, il faut innover (autre mot magique à sortir au moins une fois par réunion !). Il faut que ça bouge, que ça change, il faut tout repenser dans l’entreprise.

Burnout

Mais pour ça, il faut d’abord changer les salariés. Soit en les remplaçant par des gens vraiment motivés – le sang neuf, il n’y a rien de tel. Soit en changeant leurs petites habitudes (le salarié a plein de mauvaises habitudes). Pour ça, il y a un truc : les méthodes de management. Si possibles vendues par un grand cabinet de conseil™. Car après les salariés, l’autre grand problème de l’entreprise, ce sont ses managers. Ceux qui essaient désespérément de faire fonctionner l’entreprise en bas, entre deux changements de stratégie en haut (vendue par un grand cabinet de conseil™). Ceux dont tout le monde veut la place (vraiment ?).

Et donc pour changer tout ça, la méthode, c’est: la co-o-péra-tion. Il faut impliquer les «collaborateurs», qu’ils deviennent «acteurs» de leur travail. Qu’ils deviennent enfin autonomes. Qu’ils se mettent à échanger (en plus du travail) sur le réseau social d’entreprise (mot magique), qu’ils…

STOP !

Si on s’arrêtait de courir dans tous les sens ? Imaginons un instant que le problème est à l’envers en fait. Imaginons un truc complètement dingue, découvert par les anthropologues : et si la coopération était naturelle, innée, voire… indispensable au travail ? Et si l’individualisme qui se développe en entreprise n’était pas plutôt une conséquence de notre manière de ne plus pouvoir travailler ensemble ? Et si c’était justement ces méthodes de management fumeuses, ces « optimisations des organisations » (vendues par les grands cabinets de conseil™) qui détruisaient dans les faits la coopération, la solidarité, l’entraide ?

Alors oui, il y a urgence à changer :

  • A arrêter d’appliquer aveuglément des recettes qui ne fonctionnent pas
  • A arrêter de croire en la toute puissance des organisations, des process, des outils
  • A arrêt de changer en permanence ce qui fonctionne déjà

Pour enfin innover !

Innover pour créer du sens, pas pour court-circuiter les dysfonctionnements des process auxquels on s’accroche. Dépenser notre énergie à changer l’entreprise, pas les individus. Car c’est l’entreprise qui est malade. Qui ne coopère plus. Qui est en burnout. Mais à défaut de méthode ou d’organisation (une de plus !), il existe des ingrédients qui fonctionnent : se former ensemble, faire confiance à l’autre, reconnaître l’implication, être à l’écoute de l’intelligence individuelle et collective, laisser se développer les échanges informels (ces « temps morts et inutiles » autour d’un café, d’un repas convivial, dont l’entreprise fait pourtant la chasse), redonner sa place à la créativité, autoriser les erreurs et les échecs, renoncer à tout mettre sous forme de process, etc. Bref, des ingrédients simples et 100% bio (!) pour donner de nouveau envie de travailler ensemble… pour de bonnes raisons.

Commentaires :

  • John

    Très bon article.

  • Un ancien chef m’avait dit lors d’un stage: il y a 20 ans on avait beaucoup plus de temps informels et l’ambiance était bien meilleure. Le jour où l’on voulait prendre 2h pour faire un barbecue entre collègues (c’était dans la banlieue lilloise, pas à Paris 🙂 ), on ne se posait pas de question ! Avec les 35 heures il faut tout faire vite, on ne prend plus de temps ensemble, et nous sommes beaucoup plus stressés !

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