Automatisation : quel impact sur les équipes techniques ?

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Nous évoquions il y a peu de temps les aspects humains et organisationnels d’une démarche d’automatisation. La question de l’adoption par les équipes est en effet critique. Ce sujet a d’ailleurs été abordé dans le guide « Automatiser son système d’information » dans le 4ème chapitre, qui soulignait que la démarche d’automatisation étant souvent décidée par la hiérarchie, les équipes opérationnelles pouvaient craindre une réduction de leur périmètre.

Aujourd’hui nous revenons plus précisément sur cette question, à travers le témoignage de Guillaume Bougard, Ingénieur Système Middleware, qui a vu une partie de son périmètre être automatisé.

Dans quel contexte as-tu découvert l’automatisation ?

Travaillant dans le Middleware, j’étais techno leader sur Apache dans une équipe en charge du support de niveaux 2 et 3 ; le niveau 1 était externalisé en Inde. La mise en place de cette externalisation a pris plus d’un an : nous avons passé beaucoup de temps à expliquer chaque process, à produire de la documentation, de façon à systématiser les actions de l’équipe sur place. L’installation de serveurs Apache et Tomcat, qui se faisait de façon scriptée et manuelle, a été déléguée en deux étapes. Dans un premier temps l’équipe externe ne gérait que les pré-requis, puis nous lancions les scripts. Ensuite, nous avons également délégué le lancement de scripts.

Comment as-tu perçu le processus d’automatisation qui a suivi ?

Je ne savais pas vraiment ce que cela impliquait. Le projet d’automatisation nous avait été vendu sur la promesse de libérer du temps pour des tâches plus intéressantes. Mais j’avais surtout l’impression qu’on allait remplacer des actions manuelles par un automate…qui à terme pourrait nous remplacer.

Quel a été l’apport de ce projet d’automatisation ?

Prenons l’exemple de l’installation de 30 Tomcat en un temps minimum, en partant de zéro. Une partie des tâches était gérée manuellement : de quels pré-requis ai-je besoin ? Il faut gérer le socle physique, l’OS, les droits, les comptes, les noms des serveurs, avoir les bons packages installés, etc. Tout cela prenait beaucoup de temps, parce qu’entre la demande initiale et la livraison d’un état final, chaque strate par laquelle il fallait passer était gérée par une équipe différente. Le simple fait de propager l’information entre les équipes est consommateur de temps. Et dans ce contexte, livrer une plateforme de bout en bout pouvait prendre jusqu’à 30 jours. Après automatisation, les 30 plateformes peuvent être livrées en 15 mn.

Est-ce que ça a changé ta vision de l’automatisation ?

Au début j’étais très sceptique, mais au final qu’on adhère ou pas au projet, les faits parlent d’eux-mêmes. Une demande qui était traitée en 30 jours ne prend plus qu’une dizaine de minutes. On peut discuter du bien-fondé de l’automatisation pendant des heures, mais le résultat est bluffant. Bien sûr tout n’est pas simple dans la mise en place : il a fallu environ 2 mois d’ajustements pour que la plateforme d’automatisation soit utilisée en production une fois la première version livrée.

Au-delà du gain de temps, quel est l’apport de l’automatisation ?

L’automatisation ouvre la voie à une nouvelle réflexion. Les problématiques sont différentes quand les demandes les plus récurrentes sont automatisées. On ne se pose plus les mêmes questions, et il est alors possible de développer son expertise en profondeur. Une fois les tâches récurrentes automatisées, on peut se focaliser sur des problématiques plus intéressantes et complexes toujours dans l’optique d’améliorer le service que nous proposons. Par exemple, raccourcir les cycles de patch/nouvelles versions tout en continuant a livrer la même charge d’operations automatisées, et ceci de façon plus maîtrisée.

L’automatisation change complètement le cycle de vie de l’application. Par ailleurs, c’est un facteur de fiabilité : quand on installe 30 serveurs manuellement, rien ne garantit qu’ils soient tous installés de manière identique. La fiabilisation, la standardisation et les gains de temps sont des attentes fortes aujourd’hui, et les satisfaire permet de faire évoluer notre métier. Avec le temps liberé, il est non seulement possible d’améliorer le service proposé, mais également d’élargir le catalogue de ses services. Je suis convaincu que l’automatisation représente l’avenir, il faut juste faire évoluer les mentalités.

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