Interview : OpenStack, une brique essentielle sur le chemin du cloud hybride

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Jean-Dominique Boisse, consultant Datacenter Automation chez D2SI, et récemment certifié OpenStack, répond à nos questions sur le moteur de cloud OpenStack et ses atouts dans le cadre du cloud hybride

Jean-Dominique Boisse

Jean-Dominique Boisse

Qu’est-ce qui t’a convaincu dans le moteur de cloud OpenStack?

Pour faire court : OpenStack, je trouve ça génial. J’apprécie particulièrement le fait que ce soit un projet open source avec une immense communauté, et des contributeurs comme RedHat, VM Ware ou encore la Nasa. C’est un contexte très porteur. Le produit a encore besoin d’évoluer, mais il est très dynamique, avec plusieurs versions livrées chaque année, chacune apportant des changements majeurs.

Quels sont les points forts du produit ?

OpenStack correspond en tous points à l’idée que je me fais du cloud ; c’est l’outil idéal pour faire du cloud. N’importe quelle entreprise peut ainsi disposer d’un outil pouvant s’intégrer à son environnement, s’adapter à tout matériel utilisé et notamment à de nombreux hyperviseurs : OpenStack est compatible avec les principaux hyperviseurs du marché. Même chose pour le stockage et le réseau, OpenStack fonctionne avec tout type de matériel. C’est un des points forts du produit.

C’est une solution clé en mains ?

Il faut vraiment se plonger dans OpenStack pour comprendre son fonctionnement. Quel module fait quoi, comment les modules communiquent entre eux ? Ensuite, mettre en œuvre une solution OpenStack demande une bonne analyse des besoins. Sur ces bases, une fois que l’architecture a été étudiée, la mise en place est assez simple.

Comment OpenStack facilite le passage au cloud hybride ?

OpenStack permet de mettre en place un cloud privé, en s’interfaçant par exemple avec Amazon pour le stockage. Les outils de pilotage et d’automatisation permettent alors de passer à la demande du cloud privé OpenStack au cloud public, qu’il s’agisse d’AWS ou une autre solution. Quand les ressources publiques ne sont plus nécessaires, il est possible de tout rapatrier sur le cloud privé. C’est vraiment le cloud à la demande.

Et du côté de la concurrence ?

On trouve en effet des concurrents à l’offre OpenStack, comme CloudStack. Le produit est intéressant, mais pour l’instant limité en termes d’évolution, et la communauté est moins importante.

La communauté est un vrai atout pour OpenStack ?

Oui, c’est important d’avoir une large communauté. On peut ainsi soumettre un problème à la communauté sur Internet, mais les avis sont nombreux…et divergents. Les façons de procéder sont très nombreuses, il n’existe pas de règle toute faite, et donc il est important de trouver celle qui correspond vraiment à ses besoins.

OpenStack étant en constante évolution, il est important d’être en veille ?

Prenons l’exemple du multi réseau : on commençait tout juste à en parler à l’époque de la version Grizzly, mais en pratique il n’y en avait pas. Aujourd’hui, il faut également apprendre la couche réseau et conceptualiser son architecture, tant il y a de façons de concevoir son réseau. La prise en mains est beaucoup plus complexe aujourd’hui, puisqu’il faut y intégrer l’architecture réseau comme un socle.

Comment se positionne OpenStack par rapport à AWS ?

OpenStack n’est pas vraiment un concurrent d’AWS, mais plutôt complémentaire. L’avantage d’OpenStack est de donner la main sur la plateforme, là où AWS ne permet que l’utilisation. Une grosse entreprise pourrait ainsi revendre en interne le service de cloud développé grâce à OpenStack. Par ailleurs, AWS étant une solution de cloud public, certaines sociétés sont réticentes à héberger leurs données à l’extérieur même si des garanties sont fournies par Amazon. OpenStack offre l’avantage d’une solution de cloud privé, sur sa propre infrastructure, qui soit complètement évolutive. Il est également possible d’utiliser son infrastructure OpenStack pour disposer de ressources importantes sur une période donnée. De façon automatique, on peut déclencher des actions en fonction de la charge, le système est complètement scalable.

Tu as récemment obtenu la Certification OpenStack « Mirantis Certified Administrator », peux-tu nous en dire plus?

En dehors de la reconnaissance potentielle de cette certification, il me semblait important de par la complexité de l’architecture d’OpenStack de valider mon niveau de connaissance. Le dynamisme lié à OpenStack ne permet pas de se reposer sur ses lauriers et une veille technologique et une pratique régulière restent indispensable afin de conserver la connaissance et la maitrise de cet environnement. La certification ne fait pas tout.

Commentaires :

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  • Antoine Gigliobianco

    Clear Cloud Services est une startup française qui travaille plus de 2 ans dans la mise au point d’un pluggin opérationnel sur Openstack.
    Ce pluggin baptisé MyBO CloudBoxOffice propose une surcoucche logicielle connectée à Openstack via ses API en vue de délivrer des postes de travail virtuels (ou bureaux virtuels) Windows ou Linux.
    Pour compléter l’article, c’est Openstack Mirantis qui a été retenu par Clear Cloud Services de part ses caractéristiques performantes en vue d’un déploiement automatisé en Cloud privé On premise sur des serveurs agnostiques X86.

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