Data-scientists, cloud brokers…quels sont les nouveaux métiers du Cloud?

L’adoption du Cloud Computing apporte encore des incertitudes au sein des entreprises et un travail d’évangélisation reste à mener auprès des opérationnels. Le Cloud Computing tend à faire évoluer les organisations des DSI, sa mise en œuvre requiert de nouvelles compétences, créant ainsi de nouveaux métiers.

20032014-IMG_0705François Gouteroux, consultant Cloud & Automatisation chez D2SI répond à nos questions sur l’impact du cloud sur les métiers de l’informatique.

De nouveaux métiers vont-ils émerger avec l’arrivée du Cloud ?

Absolument, ce n’est pas forcément encore visible mais ça va arriver, c’est certain. Depuis quelques temps déjà, on note par exemple l’arrivée sur le marché de « Cloud Broker ». Le Cloud broker rassemble un ensemble de prestations dans une offre et en assure la responsabilité. Il interroge des fournisseurs de services de Cloud Computing pour évaluer leurs capacités, leur fiabilité, leur modèle économique et leurs coûts. Il joue ensuite un rôle de conseil. Ce courtier choisit les meilleurs services Cloud pour ses clients et peut les contrôler pour leur compte.

Par exemple, il est capable d’interfacer Salesforce.com à plusieurs autres briques «as-a-service», afin de créer un processus uniforme. A la clé, des économies substantielles du fait d’une force d’achat plus grande et l’assurance de tirer pleinement parti des services acquis.

Un autre métier a fait son apparition, notamment avec l’émergence du BIG DATA, il s’agit du «Data-scientist »  ou Expert en sciences des données (on trouve aussi le terme de Data Miner). Selon McKinsey Global Institute, ces experts devraient être très demandés d’ici 2018 : l’estimation pour les États-Unis serait de l’ordre de 140 000 et 190 000 salariés disposant d’une expertise avancée en analyse de données et environ 1,5 millions de gestionnaires de données en 2018.

Ces spécialistes pourront, en analysant les données structurées ou non-structurées, détecter les tendances qui feront l’avenir, identifier de nouveaux mécanismes de fraudes, anticiper des problèmes à venir, autant d’informations précieuses pour les responsables métiers. Ce professionnel est capable de passer au crible un très large éventail d’informations, provenant de sources multiples : entrepôts de données d’entreprises, entrepôts de données publiques de type « open data », informations issues des réseaux sociaux, sites innombrables du web, études économiques, Blogs, Forums, archives numériques, etc., avant d’être en mesure de sélectionner celles qui seront directement utiles à l’entreprise.

Quelles sont les compétences clés pour exercer les métiers du Cloud ?

La nouvelle définition des métiers du SI effectuée par le CIGREF cadre complètement avec l’orientation prise avec le Cloud Computing. La tendance se dirige vers des profils informatiques au service du cœur de métier que ce soit pour la technologie Cloud ou pour les métiers des SI. La DSI va devoir poursuivre et accélérer sa transformation, et renforcer ses compétences de gestion et de pilotage du portefeuille de services. Les rôles et responsabilités changent :

Côté́ IT : se trouvent les responsables de la plate-forme «Cloud». Il s’agit d’une équipe transverse qui maîtrise la couche de services fournis.

Côté́ métiers : dans le cas d’une plate-forme «as a service», les activités des équipes IT vont évoluer vers des rôles d’interfaces proactives entre les métiers et le fournisseur Cloud.

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Extrait du livre blanc Cloud Computing : Nouveaux modèles – SYNTEC – Avril 2012

L’arrivée du Cloud confirme la convergence des compétences en matière d’exploitation et d’intégration. Là où subsistait une distinction entre profils «réseaux», «systèmes» et «stockage», les profils recherchés doivent pouvoir s’appuyer sur l’un de ces socles basiques de compétences et s’enrichir d’une seconde expertise.

Le Cloud, avec sa complexité technique associée au mode service et à l’externalisation, amènera chaque collaborateur des équipes d’infrastructure et de production à développer des expertises avancées sur certains domaines techniques. Ils devront acquérir des compétences transverses sur la maîtrise économique et financière, la sécurité de l’information et les processus d’externalisation, y compris les achats.

De plus en plus, les intitulés des formations évoluent pour former les futurs ingénieurs au Cloud, qu’en pensez-vous ?       

Effectivement, beaucoup d’écoles d’ingénieurs ont ajouté le terme Cloud dans les formations qu’elles proposent. C’est par exemple le cas de l’école Centrale Paris qui propose une formation certifiante « Architecture & Cloud Computing », le Master de l’INSSET : « Cloud Computing and Mobility » ou encore l’ITESCIA : « Virtualisation et Cloud Computing ».

Les filières éducatives doivent absolument s’adapter en créant de nouvelles formations sur la gestion et l’analyse des données. Les formations doivent continuer à intégrer les aspects réseaux, systèmes (incluant la virtualisation), infrastructure multi-technique, sans oublier d’y introduire un volet orienté performance et IT durable, aujourd’hui indissociable de toute fonction portant sur l’exploitation du data center.

Est-ce qu’on peut estimer le nombre d’emplois qui vont être créés dans les années à venir ?

Je pense qu’il faut rester prudent par rapport aux prévisions. En l’espace de 6 mois, les prévisions de croissance sont passées de 14 à 7 millions d’emplois (source : The Guardian). Il est donc très difficile de déterminer avec précision le nombre d’emplois que va générer le Cloud Computing. Toutefois la progression des technologies associées au Cloud va de toute façon dans le sens de la création d’emplois.

L’arrivée de ces nouveaux métiers va-t’elle avoir un impact sur l’organisation des DSI ?    

L’adoption du Cloud Computing, et plus particulièrement dans un mode «interne» s’applique pour les entreprises et organisations d’une taille significative. Cela impose le décloisonnement des équipes d’infrastructure et de production, traditionnellement organisées en sous-service (serveurs, stockage, réseaux, sécurité…), afin de permettre la production de services IT selon des processus transverses.

C’est là où les principes du DevOps prennent tout leur sens. Leur mise en place dans les organisations IT va se faire progressivement car au-delà des changements organisationnels, c’est un véritable changement de paradigme qui doit s’opérer dans les DSI de nos clients.

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